Potato Planet 067 • novembre 2017

Chronique du Marché

La nature trop généreuse nous a donné une récolte (quasi terminée) très excédentaire, soit plus de deux millions de tonnes sur l’Europe Occidentale (+ 21 % en France selon l’UNPT). Notons des problèmes relativement importants de conservation, notamment dans les tardives, mais cela semble tout relatif par rapport à la récolte annoncée. Les points positifs de ce marché, les prix aidant, les pays de l’Est, mais aussi l’Italie et les Pays du Golfe sont précocement aux achats dans des volumes conséquents, qui sauf gros problèmes qualitatifs devraient pérenniser leurs achats tout au long de la campagne. Le marché français vit au rythme des promos qui affaiblissent tous les jours un peu plus le marché traditionnel du grossiste. L’Espagne, le Portugal, qui ont récolté eux aussi en excès, ont été beaucoup moins présents jusque-là, handicapés comme d’habitude en début de campagne par des problèmes logistiques. Tout semble rentrer dans l’ordre depuis peu. Mais vu les quantités offertes, les clients sont de plus en plus exigeants sur la qualité, d’où de nombreux litiges signalés. L’industrie se contentant de charger ses contrats, voici une campagne qui nécessiterait de gros dégagements à l’export, pour donner un peu de respiration au marché. Notons que malgré une progression de 24 % des volumes exportés à septembre 2017, à cause du décrochage du prix, les chiffres en valeur sont en baisse de 11 %. Les marges sont réduites. Les problèmes de trésoreries chez les négociants, qui font l’avance souvent du plant et des intrants, et qui ne peuvent pas se rembourser sur la consommation… risquent de faire des dégâts. Dans ce contexte bien compliqué, je vous souhaite une bonne campagne à tous !

Voir l’article en pdf


Potato Planet 066 • septembre 2017

Chronique du Marché

Depuis 2014, les producteurs français sont mis en garde : « n’augmentez pas vos surfaces de production pour le marché du frais ». Recommandation vaine et ce qui devait arriver est arrivé en 2017 : plus de surfaces et des rendements globalement supérieurs de 10 à 15 %. Les rendements limités des récoltes 2015 & 2016 se sont traduits par des prix en hausse en 2015, complètement irréalistes en 2016. Et patatras ! Disparition de certains acheteurs, Italie, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, Pays de l’Est… Ils ont préféré acheter des pommes de terre plutôt que des pépites d’or. Le commerce est simple. Il est basé sur la relation de confiance et le gagnant gagnant. Il faut bien reconnaître que si nous avons perdu nos amis italiens depuis deux ans, c’est qu’ils commencent à s’inspirer du modèle français, terroir et productions locales. Pour la consommation courante ils ont préféré se fournir en Allemagne. Les Anglais ont commercé avec les Belges et les Hollandais, un peu avec les Allemands, où la tonne était 80 à 100 € moins chère en moyenne. Tous ces volumes que nous n’avons pas vendus correspondent aux frigos encore pleins en mai dans les grandes plaines et la misère au bout du chemin… À quand une prime à la casse pour les vieux stocks ! Les primeuristes qui travaillent le goût et la qualité en ont été pour leurs frais. Ventes de début de saison en chute libre, GMS sous la pression des principaux metteurs en marché français qui souhaitaient vider leurs stocks de vieilles pommes de terre et un recul de plusieurs semaines de mise en rayon de toutes ces merveilleuses primeurs de nos terroirs français. Avec du retard, les primeuristes ont presque réussi à écouler leur production. Rappelons que la primeur sert de référence pour le prix de la campagne à venir : Force est de constater que cette année, c’est le fiasco. Restons optimistes, intégrons que la pomme de terre reste présente dans nos assiettes mais en plus petite quantité, la rareté et le goût sont privilégiés. Les prix sont tellement bas que l’Afrique, les Pays de l’Est, questionnent et vont peut-être acheter. Des volumes vont partir en Europe du Sud lorsque les difficultés de logistique seront résolues. Profitons de ces opportunités, même si les prix sont très faibles, pour faire partir tous les excédents.

Voir l’article en pdf