Potato Planet 064 • mai 2017

Chronique du Marché

Silvana Paolozzi* Ets Jacques Albert
Fin de campagne de conservation, les primeurs sont déjà là et la précocité comble le retard des marchés en provenance de l’Espagne. Les pluies qui ont traversé l’Europe ont partiellement résorbé le déficit hydrique qui s’était creusé depuis le début de l’année. L’Italie, le Portugal, l’Espagne se sont désormais orientés sur les pommes de terre nouvelles. Le marché de consommation est atone, avec une tendance à la baisse. Les perspectives de vente de juin semblent incertaines. Nous pouvons déjà penser à la campagne 2017-2018. Les emblavements ont été supérieurs dans le NEPG, d’environ 3,6 %, et nous craignons de nous retrouver avec beaucoup trop de pommes de terre. Cette année a été très particulière, la demande importante émanant de l’industrie en raison du manque de rendement a été salvatrice, les prix se sont maintenus à un très bon niveau. Les producteurs ont été chanceux. Du côté de l’export, on a pu observer que la situation n’a pas été bonne, avec des ventes en repli chez nos clients historiques. L’Italie, l’Allemagne, la Pologne, contrairement à la France ont eu un temps favorable avec de très bons rendements, et face à ces pays producteurs, nous n’étions plus compétitifs, très concurrencés notamment par l’Allemagne et la Pologne avec des écarts de prix de 50-100 €/tonne. Ces pays prennent des habitudes, ce n’est pas la première année que nous nous trouvons face à cette situation. De plus, la mode du “Made in”, nous pénalise également. Le plus marquant vient d’Italie avec – 30 % chez notre deuxième client. Ils ont pu pratiquement se suffire à eux-mêmes. Ne pas oublier que ces pays sont de plus en plus équipés d’entrepôts frigorifiques, avec du matériel de haute technologie. Leur qualité s’affine aussi. Les aléas météorologiques mènent certes à des situations en notre faveur ou défaveur. Nous devons être vigilants pour garder nos clients historiques qui sont l’Espagne, l’Italie mais aussi l’Allemagne et autres et qui ont eux aussi le même état d’esprit. Sans l’industrie, quels auraient été les prix ?
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* Silvana Paolozzi est Courtier Assermenté près la Cour d’Appel de Paris dans la société de Jacques Albert.

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